Pourquoi ?

Publié le par ,,,Instantanés sourires

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J’ai d’abord écrit parce que ma maîtresse me l’avait demandé. Elle avait dit « Ecrivez votre nom, votre prénom et la date ». J’avais écrit avec mes pattes de mouche des pages d’écriture. Moi j’écrivais des mots bleus. Sur mon cahier la maîtresse mettait des mots rouges.

Puis ma maîtresse a vieilli, j’ai grandi. J’ai connu d’autres maîtresses. Nous avons échangé des mots doux, des mots d’amour. Souvent nos mots se sont croisés. Jusqu’au jour où elles m’écrivaient « N’écris pas ! ». Alors je rangeais toutes ces lettres que je n’ai jamais envoyées, les lettres que je destinais à Mme de Sévigné, à Mon Moulin, au président, à ma mère, à Elise…

Tous ces petits papiers s’entassaient dans les tiroirs. Alors les mots ont grandi, ont muri. Tous les mots sont devenus adultes.

Et un jour, c’est venu tout seul. Je me suis isolé dans ma chambre, j’ai tiré les rideaux et j’ai trouvé les mots pour le dire. J’ai parlé de tout. De ma famille, des mes cousines, des madeleines de grand-mère, de Swann. Et j’ai écrit comme on crie. Et ce cri continue à résonner, à faire fantasmer des milliers d’étudiants en lettre.

Faut dire que j’avais écrit sur une table, pas sur du sable. Aujourd’hui tout est dans le marbre, celui froid qui orne les cimetières.

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Jeux d'écriture

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Fernand Chocapic 22/02/2011 18:00


Très beau texte. J'aimerais lire les lettres que vous destiniez à Mon Moulin !


,,,Instantanés sourires 23/02/2011 05:50



Belle idée d'écriture. J'y travaillerai.



Sans* 22/02/2011 17:52


Paroles .. paroles ... paroles ... mais les écrits restent ....!!!

Bonne soirée ....


labaronne 22/02/2011 09:35


quelle chute, les mots parfois sont durs


jeanne 22/02/2011 07:27


quand on commence à poser les mots
on ne sait pas où ils nous entrainent
loin
ils s'echappent de nous
et étonnés, parfois
nous les regardons grandir


,,,Instantanés sourires 23/02/2011 05:46



Encore faut-il se laisser porter par eux. Ce que vous faites très bien, chère Jeanne.